Passoire thermique : définition, interdictions et solutions pour les propriétaires du Gard

L’essentiel : Depuis janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être loués. Pour de nombreux propriétaires gardois, cette échéance est passée sans qu’ils aient pu anticiper. La bonne nouvelle ? Il n’est pas trop tard pour agir, et les options restent nombreuses. Ce guide vous aide à y voir clair sur le calendrier réglementaire, l’impact réel sur la valeur de votre bien, et les leviers concrets pour protéger votre patrimoine — que vous choisissiez de rénover, de vendre ou de repenser votre stratégie locative.

Qu’est-ce qu’une passoire thermique en 2026 ?

Définition officielle : un logement classé F ou G au DPE

Une passoire thermique — également appelée passoire énergétique — désigne un logement mal isolé, classé F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ces habitations consomment plus de 330 kWh/m²/an et sont progressivement interdites à la location depuis 2023.

Voilà pour la définition légale, celle qui compte pour l’administration et pour vos droits en tant que propriétaire. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement au quotidien ?

Les seuils sont précis :

  • Classe F : consommation comprise entre 331 et 420 kWh/m²/an
  • Classe G : consommation supérieure à 420 kWh/m²/an
  • Classe G+ : consommation supérieure à 450 kWh/m²/an (interdits à la location depuis 2023)

Ces habitations consomment deux à trois fois plus d’énergie qu’un logement correctement isolé pour atteindre la même température de confort. Pour les occupants, cela se traduit par des factures de chauffage qui peuvent dépasser 2 500 € par an pour une maison de 100 m² — un poste de dépenses qui pèse lourdement sur le budget des ménages.

Suis-je concerné par l’interdiction des passoires thermiques ?

Suis-je concerné par l’interdiction ?

Répondez à 3 questions pour connaître votre situation

1 Quelle est la classe DPE de votre logement ?
2 Êtes-vous propriétaire bailleur ou occupant ?
3 Avez-vous un projet de vente ou de location ?

Passoire thermique et précarité énergétique : une réalité sociale

Derrière les chiffres et les étiquettes, il y a des situations humaines parfois difficiles. Selon l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), 30 % des Français déclarent avoir souffert du froid chez eux durant l’hiver 2023-2024 — un chiffre qui a plus que doublé depuis 2020. Pour 41 % d’entre eux, la raison est financière : ils ont dû limiter le chauffage pour préserver leur budget. Parallèlement, près de 10 % des ménages consacrent plus de 8 % de leurs revenus à leurs factures d’énergie.

Cette précarité énergétique touche particulièrement les locataires de passoires énergétiques, contraints de choisir entre se chauffer correctement et préserver leur pouvoir d’achat. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé le législateur à interdire progressivement ces logements à la location : protéger les occupants les plus vulnérables.

Bouilloire thermique : le pendant estival de la passoire

On parle beaucoup des passoires thermiques en hiver, mais le problème se pose aussi en sens inverse. Un logement mal isolé laisse entrer la chaleur en été aussi facilement qu’il laisse s’échapper le froid en hiver. C’est ce qu’on appelle désormais une bouilloire thermique — un terme qui a gagné en visibilité après les canicules répétées de ces dernières années.

Dans le Gard, où les étés sont de plus en plus chauds, cette dimension prend une importance particulière. Un logement classé F ou G devient souvent invivable en période de canicule, avec des températures intérieures qui peuvent dépasser 30°C même la nuit. La rénovation énergétique ne sert donc pas uniquement à réduire la facture de chauffage : elle améliore aussi le confort d’été.

Les 4 signes révélateurs d’un logement énergivore

Avant même de consulter le DPE, certains indices ne trompent pas. Si vous reconnaissez votre logement dans cette description, la question mérite d’être creusée.

Les 4 signes d'une passoire thermique : factures élevées, froid persistant, humidité et courants d'air

Ces symptômes ne sont pas une fatalité. Ils pointent simplement vers des travaux ciblés qui, bien menés, transforment radicalement le confort quotidien.

Passoire thermique et logement insalubre : ne pas tout mélanger

Une confusion fréquente mérite d’être levée, car elle inquiète inutilement certains propriétaires. La notion de passoire thermique se définit exclusivement par la performance énergétique mesurée lors du diagnostic. Un logement insalubre, c’est autre chose : il présente un danger direct pour la santé ou la sécurité de ses occupants.

Un bien peut donc être classé F ou G tout en restant parfaitement habitable et salubre. Ce n’est pas agréable de payer des factures élevées, mais ce n’est pas dangereux en soi. Toutefois, une isolation défaillante favorise l’humidité, ce qui peut à terme dégrader les conditions d’habitabilité. Mieux vaut donc ne pas laisser la situation s’enliser.

Combien de passoires thermiques en France et dans le Gard ?

Les chiffres nationaux : 4,2 millions de résidences principales

Selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE), la France comptait au 1er janvier 2024 environ 4,2 millions de résidences principales classées F ou G, soit 13,9 % du parc. En ajoutant les résidences secondaires et les logements vacants, ce chiffre monte à 5,8 millions de passoires thermiques sur l’ensemble du territoire.

La répartition n’est pas homogène. Les départements ruraux et montagneux (Cantal, Creuse, Nièvre) affichent des taux supérieurs à 30 %, tandis que les départements méditerranéens sont nettement moins touchés grâce à un climat plus doux.

L’avantage climatique du Gard : une réalité à nuancer

Bonne nouvelle pour les propriétaires gardois : le climat méditerranéen joue en votre faveur. Les besoins en chauffage sont structurellement inférieurs à ceux des régions du nord ou du centre de la France, ce qui améliore mécaniquement le classement DPE de nombreux logements.

Les données de l’ONRE confirment cette tendance : les départements proches de l’arc méditerranéen affichent une proportion de passoires thermiques inférieure à la moyenne nationale. C’est un atout réel.

Mais gardons la tête froide. Ce constat favorable ne doit pas conduire à sous-estimer les efforts nécessaires sur le parc ancien. Un logement mal isolé reste un logement mal isolé, même sous le soleil du Midi.

Les secteurs les plus concernés : centres anciens de Nîmes, Alès et Uzès

Où se concentrent les passoires thermiques dans le département ? Essentiellement dans le bâti historique. Les centres anciens de Nîmes, Alès et Uzès sont particulièrement touchés. Les immeubles construits avant 1974, édifiés sans aucune réglementation thermique (la première RT date de mai 1974), représentent l’essentiel des logements classés F et G.

Ces constructions cumulent souvent les handicaps : murs en pierre non isolés, fenêtres simple vitrage d’origine, toitures peu ou pas isolées. Pour les propriétaires concernés, la rénovation représente un défi technique autant que financier — d’autant que ces biens se situent fréquemment dans des secteurs patrimoniaux où les contraintes architecturales limitent les options.

La réalité derrière les chiffres nationaux, c’est précisément cela : chaque logement a son histoire, ses contraintes, ses possibilités. Les moyennes statistiques ne disent rien de votre situation particulière.

Copropriétés gardoises : le vrai point de blocage

Si vous êtes en copropriété, vous connaissez probablement le problème. Les travaux d’ampleur — isolation thermique par l’extérieur, réfection de la toiture — nécessitent un vote en assemblée générale. Et obtenir l’accord de tous les copropriétaires relève parfois du parcours du combattant.

Cette lourdeur collective peut considérablement ralentir, voire bloquer, les projets de rénovation énergétique. Un propriétaire motivé peut se retrouver dans l’impossibilité de faire évoluer le classement DPE de son lot si le syndicat ne valide pas les travaux sur les parties communes. C’est frustrant, mais c’est la réalité juridique.

Les copropriétés concentrent une part importante des passoires thermiques en France, notamment dans les immeubles anciens des centres-villes. Le législateur en a d’ailleurs pris conscience, et des assouplissements spécifiques ont été prévus pour ces situations — nous y reviendrons.

Calendrier des interdictions : où en est-on en 2026 ?

Récapitulatif des échéances

ÉchéanceClasse DPEMesure applicable
1er janvier 2023G+ (>450 kWh/m²/an)Interdiction de location
24 août 2022F et GGel des loyers
1er janvier 2025GInterdiction de location
1er janvier 2028FInterdiction de location
1er janvier 2034EInterdiction de location
Calendrier des interdictions de location des passoires thermiques : G+ en 2023, G en 2025, F en 2028, E en 2034

Depuis 2023 : les logements G+ déjà exclus

Les logements les plus énergivores — ceux consommant plus de 450 kWh/m²/an en énergie finale — sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2023. Cette catégorie, parfois appelée « G+ », concernait environ 511 000 logements en France.

Depuis 2025 : tous les logements G exclus du marché locatif

L’échéance est passée. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au DPE est officiellement considéré comme non décent au sens de la loi. Concrètement, cela signifie qu’il est interdit de signer un nouveau bail ou de renouveler un bail arrivant à échéance.

Pour les propriétaires qui n’ont pas anticipé, la situation est claire : rénover pour continuer à louer, ou vendre en acceptant la décote. Il n’y a pas de troisième voie légale.

2028 : au tour des logements classés F

La prochaine étape, c’est janvier 2028. Dans moins de deux ans, les logements classés F seront à leur tour exclus du marché locatif.

Ce délai peut sembler confortable, mais il est en réalité très court. Entre la recherche d’un accompagnateur agréé, la réalisation de l’audit énergétique, la consultation des entreprises, l’obtention des aides et la réalisation des travaux eux-mêmes, comptez facilement 12 à 18 mois. Autrement dit, si vous êtes concerné, c’est maintenant qu’il faut lancer les démarches.

2034 : l’interdiction étendue aux logements E

L’échéance de 2034 concernera l’ensemble des logements classés E. Cette catégorie représente une part importante du parc immobilier français — plus de 5,5 millions de logements. Pour l’instant, le sujet semble lointain — mais les propriétaires avisés anticipent déjà.

Locations saisonnières et meublés touristiques : un calendrier distinct

Si vous louez en meublé touristique (type Airbnb), le régime est différent. La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a introduit des obligations de performance énergétique :

  • Depuis novembre 2024 : les nouveaux meublés de tourisme en zone tendue doivent afficher une classe comprise entre A et E (les logements F et G sont donc exclus)
  • À partir de 2034 : tous les meublés de tourisme — existants et nouveaux — devront afficher une classe comprise entre A et D, partout en France

Les propriétaires qui louaient déjà leur bien avant le 1er janvier 2025 disposent d’un délai de dix ans pour se mettre en conformité. Ce délai vise notamment les résidences secondaires en zone de montagne, où près de 28 % des logements sont classés F ou G selon la FNAIM — et jusqu’à 70 % si l’on inclut les classes E. Mais attention : ce n’est pas une raison pour repousser indéfiniment la question.

Les assouplissements en discussion : la proposition de loi Gacquerre

Face aux difficultés rencontrées par certains propriétaires, une proposition de loi portée par la sénatrice Amel Gacquerre a été votée par le Sénat le 1er avril 2025. Attention : ce texte n’est pas encore définitivement adopté — il doit encore être examiné par l’Assemblée nationale. Voici les principales clarifications qu’il prévoit :

Pour les baux en cours :

  • L’obligation de décence énergétique ne s’appliquerait qu’aux contrats nouvellement conclus, renouvelés ou reconduits tacitement après le 1er janvier 2025
  • Les baux en cours au 1er janvier 2025 ne seraient soumis à cette obligation qu’au moment de leur reconduction, dans une limite de trois ans

Pour les copropriétés :

  • Des dérogations seraient possibles lorsque le propriétaire a réalisé des travaux dans son lot mais n’a pas pu obtenir le vote de travaux sur les parties communes
  • Le propriétaire devrait pouvoir justifier de ses efforts (devis, demandes en AG) pour bénéficier de cette exception

Pour les travaux impossibles :

  • Une exception serait prévue lorsque les travaux nécessaires sont techniquement impossibles ou interdits (secteur sauvegardé, monument historique)

Ces assouplissements, s’ils sont adoptés définitivement, ne remettraient pas en cause le principe de l’interdiction progressive. Ils reconnaîtraient simplement que certaines situations échappent à la bonne volonté individuelle. Nous mettrons cet article à jour dès que le texte sera définitivement voté.

Ce qui va changer en 2026 : la réforme du DPE

Une évolution majeure entre en vigueur le 1er janvier 2026 : la modification du coefficient de conversion de l’énergie primaire pour l’électricité. Ce coefficient, qui sert au calcul du DPE, passe de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025). Cette correction vise à mieux refléter la réalité du mix électrique français, largement décarboné grâce au nucléaire.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Environ 850 000 logements chauffés à l’électricité verront leur classement DPE s’améliorer automatiquement, sans travaux. Certains sortiront du statut de passoire thermique — notamment les petites surfaces et les logements équipés de radiateurs électriques récents.

Comment savoir si vous êtes concerné ? Les DPE réalisés avant 2026 restent valides, mais vous pouvez obtenir gratuitement une nouvelle étiquette actualisée sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, sans nouvelle visite du diagnostiqueur. Aucun logement ne verra son classement se dégrader avec ce nouveau calcul.

Si votre logement est chauffé à l’électricité et classé F, il peut être judicieux d’attendre cette réforme avant d’engager des travaux — vérifiez d’abord votre nouvelle situation sur le simulateur de l’Ademe début 2026.

Vendre un logement F ou G : quel impact sur le prix ?

Pour les propriétaires qui envisagent de vendre plutôt que de rénover, la question de la valorisation se pose avec acuité. L’étiquette énergétique influence désormais directement le prix de vente — c’est ce que les professionnels appellent la valeur verte.

La décote verte : des écarts significatifs selon les territoires

Les données des notaires de France et des observatoires immobiliers sont sans ambiguïté : un mauvais classement DPE entraîne une décote significative.

Type de bienDécote moyenne F/G vs DDécote maximale observée
Appartement-4 % à -13 %-15 % (Strasbourg)
Maison-10 % à -17 %-25 % (zones rurales)

Ces écarts varient fortement selon les territoires. Dans les zones tendues comme Paris, la décote reste modérée car l’offre de logements bien classés est insuffisante. Dans les villes plus sensibles aux critères écologiques (Strasbourg, Rennes, Nantes), les passoires thermiques subissent une décote plus marquée.

Dans le sud de la France, et notamment dans le Gard, les décotes observées sont généralement plus modérées — autour de 4 à 8 % selon les études. Mais cette situation pourrait évoluer à mesure que les interdictions de location se rapprochent.

Audit énergétique obligatoire : la transparence totale

Depuis avril 2023, la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé F ou G impose un audit énergétique réglementaire. Cette obligation a été étendue aux logements E depuis janvier 2025, et concernera les logements D à partir de 2034.

L’audit va plus loin que le simple DPE. Il propose des scénarios de travaux chiffrés pour atteindre progressivement une meilleure performance. Ce document est remis obligatoirement à l’acquéreur. En clair, plus rien n’est caché : l’acheteur sait exactement ce qui l’attend.

Est-ce un handicap pour le vendeur ? Pas nécessairement. La transparence crée aussi de la confiance. Un acheteur qui dispose de toutes les informations peut se projeter sereinement dans son projet de rénovation.

Mention obligatoire dans les annonces

Toute annonce concernant un bien F ou G doit porter la mention « logement à consommation énergétique excessive ». C’est la loi depuis 2022. Impossible donc de dissimuler le problème aux acquéreurs potentiels.

Négociation : anticiper les arguments des acheteurs

L’acquéreur d’une passoire thermique dispose aujourd’hui d’informations précises sur le coût des travaux grâce à l’audit obligatoire. Ce document devient naturellement un levier de négociation.

Comment s’y préparer ? En ayant vous-même une vision claire des travaux nécessaires. Disposer de devis récents et réalistes permet de cadrer la discussion. Mais avant tout, il faut estimer votre maison au juste prix : connaître sa valeur actuelle et son potentiel après travaux vous donne un argument de poids face aux acheteurs.

Chaque négociation est unique. Le rapport de force dépend du marché local, de l’urgence du vendeur, de la motivation de l’acheteur. Mais une chose est sûre : mieux vous serez préparé, moins vous subirez.

Trois stratégies pour les propriétaires de logements énergivores

Face aux contraintes réglementaires, vous disposez de plusieurs options. Le bon choix dépend de votre situation personnelle, de vos objectifs patrimoniaux et de votre capacité financière.

3 stratégies propriétaires passoire thermique : vendre en l'état avec décote, rénover puis vendre pour plus-value, ou rénover pour louer

En résumé : la stratégie 1 convient aux propriétaires pressés ou sans capacité de financement, la stratégie 2 s’adresse à ceux qui veulent maximiser leur prix de vente (comptez 6 à 12 mois), la stratégie 3 est obligatoire pour les bailleurs souhaitant continuer à louer. L’investissement locatif dans le Gard reste une stratégie solide — à condition de l’adapter aux nouvelles règles du jeu.

Quels travaux pour sortir du statut de passoire thermique ?

Isolation thermique : c’est par là qu’il faut commencer

L’isolation constitue le socle de toute rénovation efficace. Sans traitement des déperditions, changer de chauffage ne sert pas à grand-chose : vous chaufferez mieux, mais vous chaufferez toujours l’extérieur.

Schéma des déperditions thermiques d'une maison : toiture 30%, murs 25%, ventilation 20%, fenêtres 15%, planchers 10%

Remplacement du système de chauffage : la deuxième étape

Une fois l’enveloppe traitée, l’optimisation du chauffage permet de consolider les gains. Les équipements anciens — chaudières fioul, convecteurs électriques première génération — présentent des rendements très inférieurs aux solutions actuelles.

Les alternatives performantes incluent la pompe à chaleur air/eau, la chaudière biomasse ou le poêle à bois labellisé. Le choix dépend de la configuration du logement, du mode de chauffage existant et des contraintes d’installation. Un professionnel qualifié vous orientera vers la solution adaptée.

Ventilation : l’oubliée qui change tout

Après avoir isolé, il faut ventiler. Un bâtiment rendu étanche sans système de renouvellement d’air, c’est un problème d’humidité garanti. L’installation d’une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) est donc le complément logique — et souvent obligatoire — des travaux d’isolation.

Une VMC double flux permet en outre de récupérer la chaleur de l’air extrait pour préchauffer l’air entrant. C’est un investissement supplémentaire, mais qui participe à la performance globale et améliore aussi le confort d’été.

Rénovation globale : pourquoi c’est la voie recommandée

Pour sortir du statut de passoire thermique, une rénovation globale s’avère plus efficace que l’enchaînement de gestes isolés. Traiter simultanément l’isolation, le chauffage et la ventilation permet d’optimiser les interactions entre ces postes.

C’est d’ailleurs la logique encouragée par MaPrimeRénov’ Parcours accompagné : les aides les plus importantes sont réservées aux rénovations d’ampleur visant un gain d’au moins deux classes DPE. Le message est clair : on veut des résultats, pas du saupoudrage.

MaPrimeRénov’ dans le Gard : les aides disponibles en 2026

Les travaux de rénovation représentent un investissement conséquent. Heureusement, les aides publiques permettent d’en financer une part significative — à condition de bien s’y prendre.

Calculateur MaPrimeRénov 2026

Calculateur MaPrimeRenov 2026

Estimez votre aide pour une renovation energetique

Indiquez votre revenu fiscal de reference (sur votre avis d’imposition)
Voir les plafonds de revenus 2026 (Occitanie)
Foyer Tres modestes Modestes Intermediaires
1 pers.< 17 009< 21 805< 30 549
2 pers.< 24 875< 31 889< 44 907
3 pers.< 29 917< 38 349< 54 071
4 pers.< 34 948< 44 802< 63 235
5 pers.+< 40 002< 51 281< 72 400

Au-dela = categorie « Superieurs »

Surface habitable en metres carres
Consultez votre diagnostic de performance energetique (obligatoire pour vente ou location)
Objectif realiste : viser 2 a 3 classes d’amelioration
Estimation basee sur votre surface et l’ampleur des travaux. Ajustez si vous avez deja des devis.
Estimation pour votre projet :
Fourchette basse 20 000 EUR
Fourchette haute 40 000 EUR
30 000 EUR

Deplacez le curseur pour ajuster selon vos devis ou votre estimation.

Couts moyens des travaux de renovation
  • Isolation combles : 20 a 60 EUR/m2
  • Isolation murs (interieur) : 50 a 90 EUR/m2
  • Isolation murs (exterieur) : 120 a 200 EUR/m2
  • Fenetres double vitrage : 500 a 1 200 EUR/fenetre
  • Pompe a chaleur air/eau : 10 000 a 18 000 EUR
  • Chauffe-eau thermodynamique : 2 500 a 4 500 EUR
  • VMC double flux : 4 000 a 8 000 EUR

Renovation globale :

  • Gain de 2 classes : 200 a 400 EUR/m2
  • Gain de 3 classes : 400 a 600 EUR/m2
  • Gain de 4+ classes : 600 a 900 EUR/m2

MaPrimeRénov' Parcours accompagné : le dispositif adapté aux passoires

Pour les propriétaires de logements F ou G, le parcours accompagné de MaPrimeRénov' est le dispositif le plus pertinent. Il impose deux gestes d'isolation minimum et un gain d'au moins deux classes DPE — ce qui correspond exactement à l'objectif de sortie du statut de passoire.

L'aide est calculée en pourcentage du montant HT des travaux, avec un taux qui varie selon vos revenus. Le recours à un accompagnateur agréé (Mon Accompagnateur Rénov') est obligatoire : c'est lui qui réalise l'audit initial, vous guide dans le choix des travaux et vérifie leur bonne exécution.

Ce qui a changé depuis 2025

Plusieurs évolutions importantes sont intervenues :

Suspension et réouverture du guichet (septembre 2025) :

  • Le guichet MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur a été suspendu durant l'été 2025
  • Réouverture le 30 septembre 2025 avec un quota de 13 000 dossiers jusqu'à fin 2025
  • Les dossiers déposés entre septembre et décembre 2025 seront instruits au premier trimestre 2026

Suppression du bonus "sortie de passoire" :

  • Le bonus de 10 % accordé aux logements F/G sortant du statut de passoire a été supprimé
  • Les taux de base restent en vigueur

Évolutions du parcours par geste — ce qui change en 2026 :

MaPrimeRénov' 2026 : travaux supprimés (isolation murs, chaudières biomasse) vs maintenus (combles, PAC, fenêtres)

Bonne nouvelle : les travaux supprimés du parcours par geste restent finançables dans le cadre du parcours accompagné (rénovation d'ampleur). Pour les passoires thermiques, c'est de toute façon le parcours recommandé.

Les taux de prise en charge selon vos revenus (barème 2026)

Barème MaPrimeRénov' Parcours accompagné 2026 : 80% très modestes, 60% modestes, 45-50% intermédiaires, 10-20% supérieurs

Attention, changement majeur en 2026 : les plafonds de dépenses éligibles ont été significativement abaissés par rapport à 2024-2025 (anciens plafonds : 40 000 € à 70 000 €). Le plafond spécifique pour un gain de 4 classes a été supprimé.

Les plafonds de ressources varient selon la composition du foyer et la localisation. Vous pouvez vérifier votre catégorie sur le site France Rénov'.

Qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Pour un ménage modeste visant un gain de 3 classes ou plus, le plafond de dépenses éligibles est de 40 000 €. Avec un taux de 60 %, l'aide peut atteindre 24 000 €. Le reste à charge — finançable par un éco-prêt à taux zéro — rend la rénovation accessible.

Mon Accompagnateur Rénov' : votre interlocuteur clé

Dans le Gard, les conseillers France Rénov' présents à Nîmes, Alès et Bagnols-sur-Cèze peuvent vous orienter vers un accompagnateur agréé. Ce professionnel intervient de l'audit initial jusqu'à la réception des travaux.

Le coût de l'accompagnement est partiellement ou totalement pris en charge selon vos revenus. C'est un service public de la rénovation qui monte en puissance — profitez-en.

Les aides complémentaires à mobiliser

MaPrimeRénov' n'est pas seule. D'autres dispositifs permettent de réduire encore le reste à charge :

  • L'Éco-PTZ : jusqu'à 50 000 € à taux zéro pour financer le solde des travaux. Cumulable avec MaPrimeRénov'.
  • Les primes CEE : versées par les fournisseurs d'énergie, elles complètent le financement sous certaines conditions.
  • Ma Prime Logement Décent : destinée aux bailleurs rénovant un logement dégradé, avec engagement sur le niveau de loyer.
  • Les aides locales : la Région Occitanie et le Département du Gard proposent des compléments. Renseignez-vous auprès de l'espace France Rénov' de votre secteur.

Ce qui va changer en 2027

À partir du 1er janvier 2027, la fourniture d'un DPE sera obligatoire pour toute demande MaPrimeRénov' en France métropolitaine. Les maisons individuelles classées F ou G seront alors exclues du parcours par geste — mais resteront éligibles au parcours accompagné.

Moralité : plus vous anticipez, plus vous gardez de marges de manœuvre.

Cas pratique : rénover une maison classée G à Nîmes

Les chiffres et les dispositifs, c'est utile. Mais rien ne vaut un exemple concret pour se projeter. Voici une rénovation type réalisée dans le département.

Le bien de départ

Maison de ville des années 1960, centre de Nîmes, 90 m². Chauffage par chaudière fioul ancienne. Murs en parpaing sans isolation, fenêtres simple vitrage d'origine. Le propriétaire souhaitait continuer à louer — mais avec un DPE classé G, ce n'était plus possible depuis janvier 2025.

Le diagnostic

Le DPE établi par un diagnostiqueur certifié affichait une consommation de 480 kWh/m²/an. L'audit énergétique préconisait une rénovation globale pour atteindre un niveau satisfaisant.

Les travaux réalisés

Après accompagnement par un conseiller France Rénov', le bouquet de travaux suivant a été retenu :

  • Isolation des combles perdus par soufflage de laine minérale
  • Isolation des murs par l'intérieur
  • Remplacement de la chaudière fioul par une pompe à chaleur air/eau
  • Installation d'une VMC hygroréglable
  • Remplacement des fenêtres par du double vitrage

Le financement

Coût total : 45 000 € HT. Le ménage, classé "modeste" au sens des barèmes, a bénéficié d'un taux de 60 %. Attention : le plafond de dépenses éligibles étant de 40 000 € pour un gain de 3 classes ou plus, l'aide MaPrimeRénov' s'élève à 24 000 € (60 % × 40 000 €). Les primes CEE ont ajouté 1 000 €. Total des aides : 25 000 €.

Reste à charge : 20 000 €, financé par un Éco-PTZ sur 15 ans — soit environ 111 € par mois, largement compensés par les économies d'énergie.

Le résultat

Le nouveau DPE classe le logement en catégorie C. La facture énergétique annuelle est divisée par trois. Le bien peut à nouveau être loué légalement, avec possibilité de réviser le loyer. Sur le plan patrimonial, la valeur a progressé d'environ 15 % par rapport à une vente en l'état.

Ce cas n'est pas exceptionnel. C'est le type de parcours accessible à de nombreux propriétaires de passoires thermiques dans le Gard, à condition de s'y prendre correctement.

Au-delà des chiffres, c'est le confort quotidien qui change radicalement. Une maison bien isolée devient un véritable cocon où la température reste stable été comme hiver. Pour aller plus loin dans cette transformation, découvrez le concept de home bubble : l'art de créer un intérieur apaisant qui prolonge les bénéfices de votre rénovation énergétique.

Ce qu'il faut retenir

L'interdiction des passoires thermiques classées G est derrière nous. Depuis janvier 2025, ces biens sont exclus du marché locatif. Pour les propriétaires concernés, le choix est fait : rénover ou vendre. Pas de troisième voie.

L'échéance 2028 approche pour les classes F. Il reste moins de deux ans. Compte tenu des délais de montage et de réalisation, c'est maintenant qu'il faut agir si vous êtes concerné.

Les aides permettent de rendre la rénovation accessible. Un ménage modeste peut financer 60 % à 80 % des travaux via MaPrimeRénov'. Le reste à charge, financé par l'Éco-PTZ, est souvent compensé par les économies d'énergie.

L'immobilier n'est ni en crise, ni en boom sur ce sujet : il est en phase d'adaptation à de nouvelles règles. Les propriétaires qui anticipent sécurisent leur patrimoine. Ceux qui attendent s'exposent à des choix plus contraints. Comme souvent en immobilier, le bon moment pour agir, c'est celui où l'on a encore des options.

FAQ — Passoires thermiques : vos questions fréquentes


Sources : Service-public.fr, Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE), Notaires de France, France Rénov', Légifrance, Ademe.

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Passoire thermique dans le Gard : calendrier, aides et solutions pour les propriétaires
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Passoire thermique dans le Gard : calendrier, aides et solutions pour les propriétaires
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Guide complet sur les passoires thermiques dans le Gard : calendrier des interdictions de location 2025-2034, aides MaPrimeRénov' 2026, impact sur les prix et stratégies pour propriétaires bailleurs.
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