Article mis à jour le 6 octobre 2026
Les plantes méditerranéennes ont une réputation flatteuse : elles se contenteraient de soleil et d’oubli. L’hiver gardois nuance la légende, puisque Nîmes a relevé −14 °C le 23 février 1948, selon Météo-France. Ce guide classe 25 espèces selon leur résistance au gel et à la sécheresse, d’après les fiches de pépiniéristes spécialisés.
📌 L’essentiel à retenir :
Avant d’acheter une plante, regardez deux repères : sa résistance au froid et sa tenue à la sécheresse, que la pépinière Filippi note de 1 à 6. Six plantes tiennent −15 °C et plus froid, dont le pistachier térébinthe, la lavande vraie et la valériane ; le laurier-rose et le callistemon gèlent bien avant.
Qu’est-ce qu’une plante méditerranéenne ?
Une plante méditerranéenne est une plante adaptée au climat méditerranéen : étés chauds et secs, pluies d’automne, gels brefs. Certaines sont nées autour de la Méditerranée, comme la myrte ou le chêne vert. Les autres viennent d’autres régions du monde, et nos jardins les ont adoptées.
Ce guide s’arrête au choix des plantes : leur mise en terre relève d’une autre méthode. D’après la liste mondiale des plantes de Kew, la World Checklist of Vascular Plants, 16 des 25 espèces de ce guide sont nées autour de la Méditerranée. Les 9 autres viennent d’Asie, de l’Iran au Japon, d’Australie et des Amériques.
Pour mesurer leur sobriété, la pépinière Filippi, installée à Mèze dans l’Hérault, note chaque plante par un code de sécheresse de 1 à 6. Le 1 désigne les plantes les moins résistantes, le 6 les plus résistantes. Selon la pépinière, une plante cotée 3 ou plus vit sans arrosage là où l’été sec dure trois à quatre mois, une fois bien installée. Pour composer un jardin méditerranéen, ce code compte autant que la couleur des fleurs.
Plantes méditerranéennes : les 25 espèces par type
Le tableau réunit les repères de 25 plantes pour un jardin méditerranéen. Les noms latins y figurent : ils évitent de repartir de la jardinerie avec la mauvaise lavande.
| Plante | Hauteur | Froid | Sécheresse (1-6) | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Arbousier Arbutus unedo |
5 m et plus | −12 à −15 °C | 4 | bassin méditerranéen |
| Pistachier térébinthe Pistacia terebinthus |
5 m et plus | −15 °C et plus froid | 6 | bassin méditerranéen |
| Chêne vert Quercus ilex |
10 m et plus | −12 à −15 °C | 5 | bassin méditerranéen |
| Grenadier Punica granatum ‘Fina Tendral’ |
4 m et plus | −12 à −15 °C | 5 | Asie de l’Ouest et centrale |
| Myrte Myrtus communis ‘Alhambra’ |
2 à 3 m | −10 à −12 °C | 4 | bassin méditerranéen jusqu’au Pakistan |
| Laurier-rose Nerium oleander |
2 à 3 m | −6 à −8 °C | 4 | bassin méditerranéen jusqu’à l’Inde |
| Germandrée arbustive Teucrium fruticans |
1,50 à 2 m | −10 à −12 °C | 4 | bassin méditerranéen |
| Coronille glauque Coronilla valentina subsp. glauca |
1 m | −12 à −15 °C | 3,5 | bassin méditerranéen |
| Arroche Atriplex halimus |
1,50 à 2 m | −12 à −15 °C | 6 | bassin méditerranéen |
| Gattilier Vitex agnus-castus ‘Latifolia’ |
3 m et plus | −12 à −15 °C | 4 | bassin méditerranéen jusqu’à l’Asie centrale |
| Callistemon Callistemon salignus |
1,50 à 2 m | −8 à −10 °C | 4 | est de l’Australie |
| Phlomis pourpre Phlomis purpurea |
1 à 1,20 m | −10 à −12 °C | 5 | Espagne, Portugal, Maroc, Algérie |
| Ciste pourpre Cistus × purpureus |
1,25 m | −10 à −12 °C | 5 | hybride de deux cistes méditerranéens |
| Immortelle d’Italie Helichrysum italicum |
40 cm | −12 à −15 °C | 5 | bassin méditerranéen |
| Sauge officinale Salvia officinalis ‘Albiflora’ |
40 cm en fleur | −15 °C et plus froid | 4 | Europe du Sud |
| Lavande vraie Lavandula angustifolia |
40 à 60 cm en fleur | −15 °C et plus froid | 3 | France, Italie, Espagne |
| Lavandin Lavandula × intermedia ‘Grosso’ |
70 cm en fleur | −15 °C et plus froid | 4 | hybride, France et Espagne |
| Gaura Gaura lindheimeri |
1 m et plus en fleur | −12 à −15 °C | 4 | Louisiane, Texas |
| Valériane Centranthus ruber |
60 à 80 cm en fleur | −15 °C et plus froid | 4 | bassin méditerranéen |
| Érigeron Erigeron karvinskianus |
30 cm | −10 à −12 °C | 3 | Mexique, Amérique centrale |
| Plumbago rampant Ceratostigma plumbaginoides |
25 cm | −15 °C et plus froid | 3,5 | Chine |
| Stipa Stipa tenuissima |
40 à 50 cm | −12 à −15 °C | 5 | Amériques, du Texas à l’Argentine |
| Muhlenbergia Muhlenbergia capillaris |
40 cm, 60 à 80 cm en fleur | −10 à −12 °C (Quissac) | non coté (Filippi) | est des États-Unis, Mexique |
| Jasmin étoilé Trachelospermum jasminoides |
8 m et plus | −12 à −15 °C | 3 | Asie de l’Est |
| Agave d’Amérique Agave americana |
2 m (Montimas) | −5 à −10 °C (voir note) | non coté (Filippi) | Mexique, sud-ouest des États-Unis |
Selon leurs fiches Filippi, l’arbousier, le chêne vert, la coronille glauque, le ciste pourpre, le gaura, la valériane, l’érigeron et le plumbago rampant tolèrent aussi la mi-ombre ; la myrte et le jasmin étoilé acceptent l’ombre. Les autres demandent le soleil.
Synthèse Maison du Gard 2026. Sécheresse : code de la pépinière Filippi, sur une échelle de 1 à 6. Exposition, hauteur, résistance au froid et code de sécheresse : fiches de la pépinière Filippi (Mèze), consultées le 3 octobre 2026. Muhlenbergia : Pépinières Quissac (Souvignargues, Gard) ; agave : Pépinières de Montimas et Pépinière Lepage (Pleumeur-Bodou). Origine : Kew, World Checklist of Vascular Plants (WCVP), consultée via GBIF. Pour une variété, les valeurs sont celles de la variété indiquée.
Notes. Noms acceptés par Kew : Melaleuca lophantha (callistemon), Oenothera lindheimeri (gaura), Valeriana rubra (valériane), Nassella tenuissima (stipa). Laurier-rose : valeurs de la sous-espèce indicum. Muhlenbergia : arrosage « peu (résistant à la sécheresse) », selon Quissac. Agave : −10 °C et « Terrain sec, drainant » selon Montimas ; « difficilement » sous −5 °C dans les régions aux hivers froids, selon Lepage.

Les arbres
Le pistachier térébinthe atteint le code 6, le plus haut de l’échelle, et tient −15 °C et plus froid. L’arbousier fleurit en clochettes blanches en octobre-novembre, quand le reste du jardin se repose. Le grenadier ‘Fina Tendral’ porte des fleurs orange vif de mai à août ; Filippi note qu’il fructifie mieux si l’été n’est pas trop sec. Le chêne vert dépasse 10 m : il se choisit pour un grand terrain, jamais pour une cour. Pour lui comme pour le pistachier, demandez à un paysagiste où les placer.
Les arbustes
Neuf arbustes méditerranéens couvrent toutes les tailles, de la coronille d’un mètre au gattilier de 3 m et plus. La coronille glauque fleurit en jaune éclatant, très parfumé, de fin janvier à début avril selon Filippi. Le callistemon, né dans l’est de l’Australie, rappelle qu’une plante de climat sec n’est pas forcément méditerranéenne de naissance.
Les vivaces, les graminées et la grimpante
Avec le gaura en relais l’été, les vivaces composent un massif de plantes méditerranéennes qui fleurit d’avril à novembre. L’immortelle d’Italie « n’aime pas du tout l’eau », écrit Filippi ; comme la plupart de ces plantes, elle craint l’eau stagnante en hiver. Les deux graminées, stipa et muhlenbergia, bougent au moindre souffle et allègent les massifs trop sages. Les Pépinières Quissac voient dans le muhlenbergia « un nuage de fleurs rose en septembre, octobre ». Le jasmin étoilé grimpe à 8 m et plus.
Quelles plantes méditerranéennes résistent au gel ?
Six plantes méditerranéennes du tableau tiennent −15 °C et plus froid selon Filippi : le pistachier térébinthe, la sauge officinale ‘Albiflora’, la lavande vraie, le lavandin, la valériane et le plumbago rampant. Leur limite se situe sous le record de 1948 relevé sur la fiche climatologique de Nîmes.
Le mot « rustique » sur une étiquette ne dit pas jusqu’où. Je ne me prononce pas au-delà des fiches : Filippi précise que ses rusticités viennent de jardins du Sud, où les vagues de froid durent peu. La pépinière invite à les moduler selon la zone climatique.
| Secteur (station Météo-France) | Jours de gel par an | Records de froid |
|---|---|---|
| Plaine de Nîmes (Nîmes-Courbessac) | 20,0 | −12,2 °C en janvier 1985 ; −14 °C le 23 février 1948 |
| Piémont cévenol (Le Vigan, 222 m) | 50,4 | −13,7 °C le 16 janvier 1985 (relevés depuis 1965) |
Synthèse Maison du Gard 2026 : records et jours de gel (normales 1991-2020) des fiches Météo-France 30189001 et 30350001, comparés aux rusticités des pépiniéristes.
Les trois records du Gard (−12,2, −13,7 et −14 °C) dépassent la limite de 9 plantes du tableau, données pour −12 °C au mieux. Ils tombent dans la fourchette de 10 autres, données pour −12 à −15 °C. Seules les 6 plantes qui tiennent −15 °C et plus ne sont jamais atteintes.

Exemple : un jardin au Vigan, où le gel revient 50,4 jours par an, deux fois et demie plus qu’à Nîmes. Le record de −13,7 °C n’atteint pas le pistachier térébinthe, la lavande vraie et la valériane. Il dépasse la limite de la myrte et du ciste pourpre, donnés pour −10 à −12 °C. Le laurier-rose y relève du pot.
Celles qui tiennent −15 °C et plus
- le pistachier térébinthe, code 6, premier de la classe en sobriété ;
- la sauge officinale ‘Albiflora’ et la lavande vraie, deux aromatiques ;
- le lavandin ‘Grosso’ : tous les lavandins « supportent bien le calcaire », selon Filippi ;
- la valériane, et le plumbago rampant, couvre-sol de 25 cm.
Celles que les fortes gelées abîment
- le laurier-rose, donné pour −6 à −8 °C par Filippi (fiche de la sous-espèce indicum) ;
- le callistemon salignus, entre −8 et −10 °C ;
- la myrte, dont « les pointes des jeunes pousses sont souvent légèrement grillées par le froid dès -6 à -8 ° C » ;
- l’érigeron, qui perd ses feuilles dès −5 °C environ, selon sa fiche ;
- l’agave d’Amérique, de −10 °C (Montimas) à −5 °C seulement dans les régions aux hivers froids (Lepage).
🏗️ Regard déco :
Je recommande de bâtir la structure du jardin avec les plantes qui tiennent −15 °C, puis de réserver les frileuses aux pots et aux murs exposés au sud. Un hiver dur abîme alors quelques sujets, pas toute la composition.
Persistantes ou caduques : le jardin en hiver
Un jardin méditerranéen se juge aussi en janvier. Un massif entièrement caduc ressemble alors à un décor rangé après la saison. Le feuillage persistant garde la structure ; le caduc offre des couleurs d’automne et laisse passer le soleil d’hiver. Autour d’une terrasse, je préfère une majorité de persistants.
Garder du vert en hiver
- l’arbousier, aux « feuilles persistantes coriaces, vert foncé » ;
- la myrte, au « feuillage très dense, persistant » et aromatique ;
- la coronille glauque, aux feuilles épaisses vert bleuté ;
- l’arroche et la germandrée, au feuillage gris argenté ;
- le chêne vert et le laurier-rose ;
- le jasmin étoilé, vert sombre brillant sur un grillage ou une pergola.
Celles qui perdent leurs feuilles
Le pistachier térébinthe, le grenadier et le gattilier sont à feuillage caduc, selon leurs fiches. Le grenadier prend une couleur d’automne jaune avant de se dénuder. Les feuilles du plumbago rampant se colorent de rouge à l’automne.
Plantes méditerranéennes en pot : choisir selon le gel
Le pot n’est pas une version au rabais de la pleine terre : c’est un abri qu’on déplace quand il gèle. Je le réserve aux plantes méditerranéennes trop frileuses pour la pleine terre dans les secteurs froids du Gard. Pour l’agave, la Pépinière Lepage conseille, dans les régions aux hivers froids, d’opter pour le pot : « privilégiez la culture en grand pot qui pourra être rentré ou protégé en hiver ». Le laurier-rose relève de la même logique ; le callistemon (−8 à −10 °C) aussi dans les secteurs les plus froids. La fiche du lavandin ‘Grosso’ cite aussi le bac parmi ses usages.

Arroser le temps de l’installation, puis peu ou plus d’eau
Les premiers étés, avant que la plante soit installée, l’arrosoir reste utile. Selon Filippi, le laurier-rose a besoin « d’un arrosage en profondeur à intervalles bien espacés, durant les deux ou trois premières années ». En alerte renforcée comme en crise, parmi les espaces verts, seuls les arbres et arbustes plantés en pleine terre depuis moins de 3 ans peuvent encore être arrosés. Ils le sont avant 8 h et après 20 h, en réduisant de 50 % les volumes. Vivaces et pelouses n’y ont plus droit. L’eau de pluie stockée échappe à ces restrictions. Les potagers de moins de 200 m² restent arrosables avant 8 h et après 20 h, à −50 %. Seul l’arrêté en vigueur fait foi. Vérifiez le niveau de votre commune sur le site VigiEau. La méthode pour créer un jardin sans arrosage commence au sol, bien avant le choix des plantes.
Choisir des plantes méditerranéennes : questions courantes
Avant d’acheter vos plantes méditerranéennes, situez votre jardin : plaine de Nîmes ou piémont cévenol. Comparez ensuite la rusticité de chaque plante au record de froid de votre secteur.


