Mis à jour le 25 août 2026
L’essentiel à retenir :
la réactivité est votre meilleure protection face à un impayé. Dès le premier retard, engagez une mise en demeure, puis un commandement de payer par commissaire de justice. La loi Kasbarian-Bergé a réduit le délai de régularisation à 6 semaines pour les baux récents, accélérant ainsi la procédure judiciaire nécessaire avant l’expulsion effective.
De nombreux propriétaires craignent de subir un défaut de paiement et se demandent que faire si leur locataire ne paie pas, une angoisse légitime puisque les procédures judiciaires s’étendent souvent sur plus d’un an. Face à cette situation, vous vous demandez peut-être si vous reverrez un jour votre capital ou comment libérer votre bien sans commettre d’erreur fatale.
Pour résoudre la question des loyers impayés que faire devient une priorité absolue, d’autant que ces sommes non perçues influencent directement votre déclaration de revenus fonciers. Maîtriser les nouveaux délais de la loi Kasbarian-Bergé permet de sécuriser vos revenus locatifs dès le premier retard.
Loyers impayés : que faire au premier retard ?
Face à un loyer impayé, la réaction doit être rapide mais méthodique : commencer par une relance amiable écrite sous huit jours, puis envoyer une mise en demeure en lettre recommandée si le silence persiste. Sans réponse après quinze jours, vous pouvez faire appel aux garanties contractuelles (caution, assurance GLI) ou engager la procédure judiciaire via un commandement de payer.
Un loyer est impayé dès le premier jour de retard. La loi Kasbarian-Bergé réduit le délai de régularisation à 6 semaines pour les baux récents, contre 2 mois pour les anciens contrats signés avant juillet 2023. Cette réactivité initiale conditionne toute la durée de la procédure judiciaire. La surveillance rigoureuse de vos comptes bancaires, facilitée par un logiciel de gestion locative, permet d’identifier le défaut dès son apparition.

Agir dès les premières quarante-huit heures de retard
Le loyer est exigible à la date mentionnée dans votre contrat. Tout versement partiel ou décalé constitue juridiquement un manquement contractuel grave.
Vérifiez d’abord vos relevés bancaires, car une erreur technique arrive. Contactez ensuite votre locataire par téléphone ou SMS. Gardez systématiquement une trace écrite de cet échange informel mais indispensable.
Sans régularisation sous quinze jours, envoyez une mise en demeure en recommandé. Le temps presse désormais pour vous.
L’attente passive est votre pire ennemie. Chaque jour perdu alourdit irrémédiablement votre préjudice financier final.
Étape 1, Relance amiable et mise en demeure
Si le dialogue informel échoue, vous devez formaliser votre demande pour protéger vos droits futurs devant un juge. Si votre bien est confié à une agence, vérifiez que le mandat de gestion locative précise qui engage cette démarche en votre nom.

Le calendrier de la résolution amiable
Envoyez une lettre de relance simple dès le cinquième jour de retard. Précisez clairement le montant dû et la date d’exigibilité initiale. Cette réactivité démontre votre sérieux et votre diligence en cas de litige prolongé.
| Action | Délai recommandé | Objectif |
|---|---|---|
| Relance simple | J+5 | Rappel cordial du retard |
| Mise en demeure | J+15 | Constitution d’une preuve juridique |
| Signalement CAF | Dès 2 mois d’impayé constitué | Maintien et sécurisation des aides |
La mise en demeure intervient ensuite par courrier recommandé avec accusé de réception. Mentionnez impérativement la clause résolutoire du bail, car cette clause résolutoire désormais obligatoire constitue votre dernier levier avant l’intervention d’un commissaire de justice.
Étape 2, Activer les garanties existantes
Parallèlement aux relances, vérifiez les filets de sécurité mis en place lors de la signature.
La caution solidaire : comment l’actionner
Envoyez un recommandé à la caution solidaire dès la mise en demeure du locataire. Le garant doit connaître rapidement l’étendue de sa dette.
Vérifiez l’acte original, car cet engagement couvre souvent toute la durée du bail. Agissez vite, le garant est souvent plus solvable que l’occupant.
Notez que la loi Alur interdit de cumuler caution et assurance loyers impayés, sauf si votre locataire possède le statut d’étudiant ou d’apprenti.
GLI et Visale : deux filets de sécurité complémentaires
Déclarez le sinistre selon les délais contractuels. Respectez scrupuleusement la procédure de l’assureur, car un simple retard peut annuler votre indemnisation totale.
La garantie Visale, dispositif gratuit d’Action Logement, s’active en ligne. Elle couvre les impayés, les dégradations et les frais de procédure contentieuse pendant les trois premières années du bail.

Pour sécuriser vos revenus, comprenez bien le fonctionnement de la Garantie Visale.
Anticipez enfin le scénario d’un refus Visale côté locataire : ce blocage retarde la signature et vous prive du filet gratuit d’Action Logement.
Étape 3, Le commandement de payer
Lorsque les solutions amiables échouent, l’intervention d’un officier ministériel devient le seul recours légal pour avancer.
L’intervention du commissaire de justice
Le commissaire de justice remet l’acte en main propre. Cela déclenche le compte à rebours légal. C’est un acte officiel incontestable.
Prévoyez entre 150 et 300 euros pour l’ensemble des actes de la procédure, dont le commandement de payer. Le commissaire de justice notifie également la CCAPEX à ce stade, puis le préfet lors de l’assignation, au moins deux mois avant l’audience.
Le commandement de payer est l’acte pivot qui transforme un simple retard en une procédure d’expulsion irréversible si le locataire ne régularise pas sa dette.
Loi Kasbarian-Bergé 2023 : quel délai selon votre bail ?
La loi Kasbarian a changé la donne. Vérifiez la date de signature de votre contrat. C’est l’élément clé pour vos délais.
Pour les baux récents, le délai est de six semaines. C’est plus court qu’auparavant. Le locataire doit payer très vite.
Les contrats signés avant le 29 juillet 2023 gardent deux mois. Ne vous trompez pas dans vos calculs. L’erreur peut invalider la suite.
Le délai de régularisation réduit à six semaines s’applique désormais. Pour les locataires bénéficiaires d’aides au logement, retenez que de nouveaux seuils d’impayés 2027 entrent également en vigueur.
Étape 4, Le tribunal et la procédure d’expulsion
Une fois le délai du commandement expiré, le dossier bascule dans la phase judiciaire proprement dite.
La saisine du juge et le jugement
L’huissier convoque officiellement votre locataire devant le juge des contentieux de la protection. Cette audience permet d’exposer les faits factuellement. Le magistrat vérifie alors la validité stricte de votre procédure.
Le jugement rendu constate la résiliation du bail. Il ordonne l’expulsion du locataire ainsi que le paiement des dettes locatives. Ce titre exécutoire constitue votre arme juridique finale pour agir.
L’huissier requiert ensuite le concours de la police nationale. Le préfet dispose de deux mois pour accorder cette aide. Notez qu’une suspension des expulsions via la commission de surendettement (Banque de France) reste possible. Soyez patient mais déterminé.
Trêve hivernale et durée réelle de la procédure
Même avec un jugement favorable, le calendrier civil impose ses propres limites au propriétaire.
L’impact du calendrier sur l’expulsion effective
Le sanctuaire hivernal. La trêve court de novembre à mars. Aucune expulsion physique n’est possible. Le locataire reste protégé durant ces mois.
Réalité des délais. Comptez entre 6 et 18 mois au total. Les tribunaux sont souvent encombrés. Chaque étape administrative ajoute des semaines. Ne sous-estimez jamais cette lenteur.
- Délai moyen d’un jugement : 4 à 8 mois (variable selon le tribunal)
- Délai de concours de la force publique : 2 à 5 mois (variable selon les préfectures)
- Durée de la trêve hivernale : 5 mois
Se protéger avant l’impayé
La meilleure défense contre un impayé reste l’anticipation. Un dossier locataire rigoureux, croisé aux critères de solvabilité des assureurs, réduit fortement le risque de contentieux et de procédure judiciaire longue. Vérifier le ratio 3 fois le loyer, la stabilité contractuelle et l’authenticité des pièces avant la signature du bail écarte la majorité des scénarios d’insolvabilité.
Anticiper les motifs de refus d’assureur permet de verrouiller le dossier locataire en amont et de préparer un recours si l’agrément GLI est refusé après vérification fiscale ou pièce manquante. Les bailleurs gardois avisés couplent cette prévention à un plan B via Visale ou garantie privée dès la constitution du dossier.
FAQ
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur les loyers impayés, que faire à chaque étape de la procédure.
La trêve hivernale ne suspend pas la dette locative, elle reporte uniquement l’acte d’expulsion physique par le commissaire de justice.
Face à un défaut de paiement, agissez sous 48 heures : dialoguez, puis déclenchez le commandement de payer par huissier pour activer la clause résolutoire sous six semaines. Cette réactivité, couplée à vos garanties, réduit les délais judiciaires et sécurise votre patrimoine. Reprenez dès maintenant le contrôle de votre investissement locatif.



